Le sacré s’est imposé à moi très tôt, comme une évidence silencieuse. Depuis mes 17 ans, il traverse mon travail, non pas comme un thème figé, mais comme une quête intime, une nécessité intérieure. Peindre le sacré, c’est entrer dans une spirale de questionnements autour du mystère de la création : pourquoi créer, d’où vient ce besoin irrépressible de donner forme à l’invisible ?

Ce chemin passe par des images qui me sont essentielles — les églises, les jardins habités de silence, les croix, les livres, les gestes de prière. Autant de symboles qui jalonnent un voyage intérieur, où la solitude devient espace de recueillement, et où chaque œuvre ouvre une porte vers soi.

Au fond, je ne cherche pas à représenter le sacré, mais à en approcher la sensation. À faire émerger ce qui, en chacun de nous, demeure enfoui, fragile, essentiel. Que celui ou celle qui regarde puisse entrer dans la peinture comme on entre dans un lieu intérieur, s’y déposer, s’y reconnaître.

C’est pour cela que le sacré demeure une série fondamentale dans mon travail — une source inépuisable, que je continue d’explorer.